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PASTEURELLACEAE
Systématique et importance
La famille des Pasteurellaceae (genre type Pasteurella) est classée dans l'ordre des Pasteurellales (classe des Gammaproteobacteria, division ou phylum des "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria").
La famille des Pasteurellaceae, telle qu'elle a été primitivement décrite, comprenait les genres Actinobacillus, Haemophilus et Pasteurella.
La systématique de cette famille est extrêmement complexe et dans les années futures il faut s'attendre à de nombreux changements ainsi qu'à la description de nouveaux genres et espèces (voir Pasteurellaceae in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire).
Actuellement, 10 nouveaux genres ont été inclus dans cette famille (Aggregatibacter, Avibacterium, Bibersteinia, Gallibacterium, Histophilus, Lonepinella, Mannheimia, Nicoletella, Phocoenobacter et Volucribacter) et le nombre des espèces validement publiées est de 65.
La famille des Pasteurellaceae est d'une importance capitale pour les vétérinaires et seul le genre Aggregatibacter est totalement dépourvu d'intérêt en médecine vétérinaire.
Principaux caractères bactériologiques
Les genres et les espèces de la famille des Pasteurellaceae présentent de nombreux caractères variables selon les souches et il est très difficile de définir la famille sur la base de ses caractères bactériologiques.
Les caractères donnés par Olsen et al. sont les suivants :
Bacilles ou cocco-bacilles à Gram négatif, souvent polymorphes, de 0,4 à 2,0 µm de longueur sur 0,2 à 0,4 µm de diamètre, immobiles, non sporulés, parfois capsulés, chimio-organotrophes, aéro-anaérobies ou micro-aérophiles, parfois capnophiles, à métabolisme respiratoire et fermentatif, acidifiant, généralement sans production de gaz, les sucres, les alcools et les glycosides (l'acidification est parfois faible et nécessite des techniques sensibles pour pouvoir être mise en évidence), réduisant les nitrates en nitrites et donnant le plus souvent une réponse positive aux tests catalase, oxydase et phosphatase alcaline.
La température optimale de croissance est de 37 °C. L'isolement nécessite des milieux complexes contenant des extraits de levure, du sérum, du sang ou du sang lysé. Pour certaines espèces, la croissance nécessite de l'azote organique, des acides aminés, des vitamines B, du NAD, de l'hémine ou de la protoporphyrine.
Selon Mannheim les souches de la famille des Pasteurellaceae sont facilement isolées en utilisant une gélose chocolat incubée 1 à 3 jours à 36 °C dans une atmosphère enrichie en dioxyde de carbone (méthode à la bougie). L'identification est souvent difficile et des confusions sont possibles avec des souches immobiles et exigeantes appartenant aux familles des Enterobacteriaceae et des Vibrionaceae, avec des souches de Bacillus spp. exigeantes et perdant facilement la coloration de Gram, avec des souches aérotolérantes et perdant facilement la coloration de Gram du genre Clostridium, voire même avec des micro-organismes non fermentatifs.
Habitat et pouvoir pathogène
Les représentants de la famille des Pasteurellaceae sont des commensaux ou des parasites des muqueuses respiratoires, digestives ou génitales des mammifères, des oiseaux et des reptiles. Le mode de transmission habituel se fait par contact entre individus sains et individus infectés. La survie dans le milieu extérieur est possible, mais le rôle de réservoir du milieu extérieur contaminé est limité dans le temps (quelques heures ou quelques jours) car les bactéries de la famille des Pasteurellaceae sont sensibles à la dessication et au froid.
Plusieurs espèces sont pathogènes pour l'homme, les autres mammifères, les oiseaux et les reptiles. À la connaissance de l'auteur Pasteurella skyensis est la seule espèce pathogène pour les poissons.
Les Pasteurellaceae sont des bactéries pathogènes opportunistes. Les mauvaises conditions d'élevage, les changements brutaux d'alimentation, le regroupement ou le transport des animaux, l'existence de plaies, les infections virales ou bactériennes sont généralement indispensables pour que les infections soient cliniquement exprimées.
Les principaux facteurs de pathogénicité sont liés à la présence d'adhésines, à la présence d'une capsule, à l'existence de systèmes de captation du fer, à la libération d'endotoxines et à la synthèses de toxines RTX ou d'autres toxines cytolytiques.
Les genres Actinobacillus, Avibacterium, Bibersteinia, Haemophilus, Histophilus, Mannheimia, Pasteurella et Nicoletella sont étudiés dans d'autres fichiers.
Les Gallibacterium spp. (Gallibacterium anatis et Gallibacterium genomospecies 1 et 2) se comportent comme des bactéries pathogènes opportunistes chez les oiseaux (canards, dindes, oies, perdix, pintades, poulets, psittacidés ...). Ces bactéries sont isolées de salpingites associées ou non à des péritonites, de septicémies, de péricardites, d'entérites, d'hépatites et d'infections respiratoires (sinusites, trachéites, inflammations des sacs aériens...).
Quelques souches de Gallibacterium spp. ont été isolées de porcs et de bovins.
La pathogénie est inconnue et le germe ne semble pas se transmettre sur un mode vertical.
Quelques renseignements complémentaires sont donnés dans le fichier Gallibacterium in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire.
Lonepinella koalarum (seule espèce du genre) est l'une des espèces bactériennes colonisant l'épithélium caecal des koalas. Les cellules bactériennes, entraînées par le péristaltisme, peuvent également être présentes dans les selles.
Les koalas semblent avoir établi une symbiose avec des bactéries capables de dégrader les complexes tanins-protéines, ce qui leur permet d'utiliser une nourriture riche en tanins. Après Streptococcus gallolyticus, Lonepinella koalarum est la deuxième espèce bactérienne synthétisant une tanase et isolée de l'intestin des koalas. Lonepinella koalarum est quantitativement plus abondante que Streptococcus gallolyticus et cette espèce aurait un rôle majeur dans la digestion des feuilles d'eucalyptus.
Quelques renseignements complémentaires sont donnés dans le fichier Lonepinella in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire.
L'unique souche de Phocoenobacter uteri (seule espèce du genre) a été isolée d'un écouvillonnage utérin pratiqué sur un cadavre de marsouin (Phocoena phocoena). Son pouvoir pathogène est inconnu.
Quelques renseignements complémentaires sont donnés dans le fichier Phocoenobacter in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire.
Volucribacter amazonae et Volucribacter psittacicida sont des bactéries pathogènes opportunistes dont le pouvoir pathogène s'exprimerait à la faveur de mauvaises condition d'élevage. À l'exception d'une souche isolée chez un poulet, toutes les souches ont pour origine des psittacidés d'élevage. Les souches proviennent d'oiseaux malades présentant des septicémies ou des pneumonies ou des infections des voies respiratoires supérieures ou des ophtalmies ou des inflammations purulentes.
Quelques renseignements complémentaires sont donnés dans le fichier Volucribacter in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire.
Sensibilité aux antibiotiques
Selon Olsen et al., les représentants de la famille des Pasteurellaceae sont généralement sensibles à la pénicilline G et aux autres bêta-lactamines, aux antibiotiques actifs sur la biosynthèse des protéines (tétracyclines, aminosides, aminocyclitols, phénicolés, macrolides, lincosamides...), aux sulfamides, au triméthoprime et à la colistine.
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