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HAEMOPHILUS
Systématique et importance
Le genre Haemophilus renferme de nombreuses espèces (voir Haemophilus in List of Prokaryotic Names with Standing in Nomenclature) et il est classé dans la famille des Pasteurellaceae (classe des Gammaproteobacteria, division ou phylum des "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria").
Seules trois espèces ont intérêt en médecine vétérinaire, Haemophilus felis, Haemophilus haemoglobinophilus et, surtout, Haemophilus parasuis qui est l'agent de la maladie de Glässer du porc.
Il convient de noter que Haemophilus equigenitalis, Haemophilus pleuropneumoniae et Haemophilus paragallinarum sont actuellement reclassés dans les genres Taylorella (Taylorella equigenitalis), Avibacterium (Avibacterium paragallinarum) et Actinobacillus (Actinobacillus pleuropneumoniae).
Principaux caractères bactériologiques
Les Haemophilus spp. sont des cocco-bacilles ou des bacilles à Gram négatif, souvent polymorphes, donnant des formes filamenteuses dans les cultures âgées ou obtenues dans des conditions non optimales. La présence d'une capsule est observée chez quelques espèces dont Haemophilus parasuis.
Ce sont des bactéries immobiles, aérobies ou aéro-anaérobies facultatives, à métabolisme fermentatif, nitrate réductase positive et présentant des résultats variables pour la présence d'une catalase et d'une oxydase.
Leur croissance nécessite des milieux complexes et requiert des facteurs de croissance présents dans le sang, notamment le facteur X (hémine) et/ou le facteur V (NAD). Haemophilus felis et Haemophilus parasuis exigent la présence de facteur V alors que Haemophilus haemoglobinophilus exige le facteur X.
La recherche des exigences en facteur X et/ou V est indispensable pour le diagnostic de l'espèce. Le sang frais contiennent des inhibiteurs du NAD et les meilleurs milieux d'isolement sont des géloses au sang cuit ("gélose chocolat"), les géloses enrichis d'extraits globulaires ou les géloses complémentées en facteurs de croissance purifiés.
Certaines espèces, comme Haemophilus felis, exigent du gaz carbonique pour leur croissance et les milieux d'isolement sont placés dans une atmosphère contenant 5 à 10 p. cent de dioxyde de carbone.
Lorsque les conditions optimales sont remplies, la culture est généralement obtenue après 24-48 heures d'incubation à 37°C.
Les colonies de Haemophilus felis sont rondes, très adhérantes à la gélose et pigmentées en jaune.
Les colonies de Haemophilus haemoglobinophilus sont non pigmentées, translucides et lisses.
Après 48-72 heures d'incubation, les colonies de Haemophilus parasuis sont extrêmement petites.
Les souches de Haemophilus parasuis se répartissent en 15 sérovars (antigènes thermostables). Les sérovars 1, 5, 10, 12, 13 et 14 semblent les plus virulents alors que les sérovars 3, 6, 7, 9 et 11 semblent dépourvus de pouvoir pathogène.
Habitat et pouvoir pathogène
Haemophilus felis est isolé de chats atteints de troubles respiratoires (râles, rhinites, infections profondes), de chats souffrant de troubles oculaires (infections purulentes de l'œil, conjonctivites purulentes) et de chats présentant une pharyngite.
Il est également possible d'isoler Haemophilus felis du naso-pharynx de chats sains et il semble que cette bactérie soit un agent pathogène opportuniste.
Haemophilus haemoglobinophilus semble faire partie de la flore normale des voies génitales du chien et notamment des mâles. À de rares occasions, cette bactérie a été impliquée dans des cas de vaginite, de cystite et de mortalité chez les jeunes chiots.
Haemophilus parasuis est considéré comme un hôte normal des voies respiratoires supérieures du porc. Dans les élevages conventionnels, les porcelets se contaminent très tôt après la naissance, mais la maladie évolue sous forme de cas sporadiques car les animaux bénéficient d’une protection apportée par les anticorps maternels puis ils développeront une immunité active vers la septième-huitième semaine. Paradoxalement, les animaux des élevages S.P.F. (Specific Pathogen Free : indemne d’organismes pathogènes spécifiques) ou les porcs des élevages ayant un excellent statut sanitaire, dépourvus de toute immunité, sont souvent plus réceptifs à cette bactérie, l’infection sévit sous un mode épidémique, elle touche les animaux de tous âges et provoque d’importantes pertes économiques.
Haemophilus parasuis est l'agent de la maladie de Glässer qui peut être primitive ou secondaire à une infection virale (grippe aviaire, syndrome dysgénésique et respiratoire porcin). Cette maladie de répartition mondiale atteint surtout les porcs à l'engraissement et les jeunes reproducteurs. Elle se traduit cliniquement par de l’anorexie, de la fièvre, des polyarthrites, des péricardites, des péritonites, des pleurésies et, parfois, par des méningites. Plus rarement, les animaux meurent de façon soudaine et les lésions sont alors minimes.
Dans les troupeaux dépourvus d'immunité le taux de morbidité peut atteindre 50 p. cent et 75 p. cent des animaux atteints peuvent mourir. Environ un mois après le début de la maladie, les porcs survivants ont développé une immunité protectrice, le cheptel devient infecté chronique et les cas cliniques sont sporadiques.
Diagnostic bactériologique
Haemophilus felis et Haemophilus haemoglobinophilus sont les seules espèces du genre Haemophilus susceptibles de contaminer le chat ou le chien. Leur pouvoir pathogène est faible et ces bactéries sont méconnues. Aussi, les laboratoires de diagnostic n'ont pas l'habitude de rechercher les Haemophilus spp. lorsque les prélèvements ont été effectués chez des carnivores.
L'isolement doit être pratiqué sur une gélose au sang cuit ou sur une "gélose chocolat" polyvitex et les boîtes doivent être incubées à 35 - 37 °C. La présence d'une atmosphère enrichie de 5 à 7 p. cent de dioxyde de carbone est indispensable pour l'isolement de Haemophilus felis.
Le diagnostic repose sur la provenance du prélèvement, l'exigence en facteur X ou V et sur les caractères biochimiques. Selon Olsson et Falsen, les galeries API NH donnent de bons résultats pour l'identification de Haemophilus felis.
Le diagnostic bactériologique de Haemophilus parasuis est difficile car le germe est fragile dans le milieu extérieur et son isolement nécessite des techniques particulières.
Les prélèvements doivent être placés dans un milieu de transport et acheminés très rapidement au laboratoire. Ils seront accompagnés d’une fiche de commémoratifs suffisamment explicite pour orienter le bactériologiste et l’inciter à entreprendre une recherche de Haemophilus.
L’ensemencement se réalise sur une "gélose chocolat" qui sera incubée à 37° C, dans une atmosphère enrichies en dioxyde de carbone durant 24 à 72 heures. Après ensemencement, la réalisation d’une strie longitudinale, effectuée avec un coton tige humecté d’une solution de NAD, facilite l’identification des colonies suspectes. Il est également possible de recourir à des "géloses chocolat" rendues sélectives par la présence d'antibiotiques.
Les colonies suspectes sont repiqués et l’identification repose sur la morphologie, l’absence d’hémolyse, l’exigence en NAD et les caractères biochimiques.
La détermination du sérotype est réservée à des laboratoires spécialisés.
Sensibilité aux antibiotiques
Les Haemophilus spp. sont généralement sensibles aux bêta-lactamines (Haemophilus felis résiste cependant à l'ampicilline et à l'association ampicilline-acide clavulanique), aux tétracyclines, au chloramphénicol, à la gentamicine, à la tobramycine, à la streptomycine, à la rifampicine et triméthoprime-sulfaméthoxazole.
Les macrolides et les lincosamides sont moins actives. La bacitracine est inactive.
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