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AVIBACTERIUM
Fiche récapitulative
Systématique
Le genre Avibacterium appartient à la famille des Pasteurellaceae (classe des Gammaproteobacteria, division ou phylum des "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria") et il renferme cinq espèces : Avibacterium avium (préalablement désigné sous les noms de Haemophilus avium ou de Pasteurella avium), Avibacterium endocarditidis, Avibacterium gallinarum (anciennement dénommé Pasteurella gallinarum), Avibacterium paragallinarum (Haemophilus paragallinarum) et Avibacterium volantium (Pasteurella volantium).
La systématique de ces espèces est complexe et le lecteur intéressé pourra se reporter au fichier Avibacterium in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire.
L'espèce la plus importante en médecine vétérinaire est Avibacterium paragallinarum responsable du coryza infectieux aviaire.
Caractères bactériologiques
Les souches du genre Avibacterium sont constituées de bacilles à Gram négatif, souvent polymorphes , se présentant de manière isolée ou groupés par deux ou en courtes chaînes, immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies ou micro-aérophiles, oxydase positive, acidifiant le glucose sans production de gaz.
Les Avibacterium spp. sont des bactéries mésophiles, incapables de croître sur une gélose de MacConkey, pouvant exiger le facteur V (NAD), mais cultivant sans adjonction d'hémine (facteur X).
Sur une gélose au sang de mouton, les colonies sont non hémolytiques, grisâtres, opaques (mais éventuellement translucides à la périphérie), lisses, brillantes, circulaires, bombées, à contour régulier et parfois pigmentées en jaune sale. Le diamètre des colonies, obtenues après 24 heures d'incubation, varie de 0,3 mm à 2 mm.
Les souches de Avibacterium avium exigent le facteur V et elles sont catalase positive.
Avibacterium endocarditidis est une espèce catalase positive pouvant cultiver sans NAD.
Les souches de Avibacterium gallinarum sont catalase positive et elles n'exigent pas le facteur V. La croissance de cette espèce est généralement stimulée par la présence de 5 à 10 p. cent de dioxyde de carbone et la plupart des souches donnent des colonies de couleur jaune grisâtre.
Avibacterium paragallinarum rassemble des souches parfois capsulées, agglutinant les hématies de poulets, catalase négative. On distingue deux biovars au sein de cette espèce : les souches du biovar 1 sont NAD-dépendantes alors que les souches du biovar 2 n'exigent pas le facteur V.
Par agglutination sur lame et/ou inhibition de l'hémagglutination il est possible de séparer les souches en trois sérogroupes : A, B et C.
La croissance de la très grande majorité des souches, au moins à l'isolement et lors des premiers repiquages, est stimulée par l'adjonction de 5 à 10 p. cent de dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'incubation. La présence dans les milieux de culture de 1,0 à 1,5 p. cent de NaCl est essentielle pour la croissance. Quelques souches exigent également la présence de 1 p. cent de sérum de poulet. Quelques souches peuvent produire un pigment jaunâtre.
Avibacterium volantium rassemble des souches catalase positive dont la croissance nécessite du NAD . Quelques souches produisent un pigment jaunâtre.
Habitat et pouvoir pathogène
Avibacterium avium, Avibacterium gallinarum, Avibacterium volantium
Avibacterium avium et Avibacterium volantium sont considérés comme des micro-organismes faisant partie de la flore normale des poulets.
Avibacterium gallinarum est considéré comme une bactérie pathogène opportuniste, capable de provoquer des troubles en association avec des mycoplasmes ou des virus. L'habitat de ce germe n'est pas connu avec certitude et, à l'exception d'une souche isolée chez un canard, Avibacterium gallinarum n'est pas présent dans l'appareil respiratoire des oiseaux sains.
Les signes cliniques et les lésions, observés chez les poulets, les dindes et, plus rarement, chez les pintades sont extrêmement variés : sinusites, conjonctivites, trachéites, inflammation des sacs aériens, hépatites, abcès de la tête et des barbillons, synovites, salpingites oophorites, péritonites, endocardites, péricardites et septicémies.
Avibacterium endocarditidis
Les souches de Avibacterium endocarditidis ont été isolées de poules adultes élevées au Danemark et appartenant à un même élevage. Vingt souches ont été isolées des valvules cardiaques d'animaux atteints d'endocardite. Quatre souches ont pour origine le foie et la rate de deux oiseaux atteints d'endocardite, deux souches ont été isolées de lésions d'arthrite et une souche a été isolée d'un animal présentant une péricardite (mais pas d'endocardite).
Avibacterium paragallinarum
Avibacterium paragallinarum est l'agent du coryza infectieux aviaire, également connu sous le nom maintenant impropre de hémophilose aviaire. Cette maladie a une répartition mondiale, notamment dans les pays où l'élevage est intensif.
Cliniquement, le coryza infectieux a été décrit chez le faisan, la pintade et la caille, mais seuls les oiseaux de l'espèce Gallus gallus ont permis d'isoler Avibacterium paragallinarum. Il semble donc qu'il faille prendre avec une certaine prudence, les cas décrits chez les oiseaux autres que le poulet.
Les poulets porteurs sains et infectés chroniques sont les réservoirs de germes. Après une période d'incubation de 24 à 72 heures, en l'absence de complications bactériennes ou virales, les animaux réceptifs développent des signes cliniques évoluant sur une période de 2 à 3 semaines. Les animaux de tous âges sont sensibles, mais la maladie est moins sévère chez les oiseaux jeunes.
Le coryza aviaire se traduit principalement par une inflammation des voies respiratoires supérieures, un jetage séreux ou muqueux, une conjonctivite, un œdème de la face et un œdème des barbillons (surtout chez les mâles). L'inflammation peut s'étendre aux voies respiratoires inférieures et provoquer l'apparition de râles. Les oiseaux peuvent présenter de la diarrhée et on note régulièrement une inappétence et une diminution de la prise de boisson. Il en résulte une diminution de l'indice de croissance et une chute de ponte comprise entre 10 et 40 p. cent.
Les infections bactériennes et virales concomitantes sont à l'origine de complications respiratoires et des septicémies ou des synovites sont observées lors d'infections par Mycoplasma gallisepticum ou Mycoplasma synoviae.
Le coryza aviaire est observé principalement à la fin de l'automne et en hiver, la morbidité est importante (20 à 50 p. cent des animaux peuvent présenter des signes cliniques) alors que le pourcentage de mortalité est généralement faible (de l'ordre de 0,5 à 10 p. cent, mais pouvant atteindre 20 p. cent dans les élevages dont le niveau sanitaire est faible).
À l'autopsie, on note une inflammation catarrhale de la muqueuse nasale et des sinus, un œdème sous-cutané de la face et des lésions de conjonctivite. Les lésions de pneumonie ou d'aérosacculite sont plus rares, mais l'inflammation des sacs aériens peut être à l'origine de saisies importantes à l'abattoir (69,8 p. cent de carcasses saisies lors d'une épidémie survenue en Alabama).
Les facteurs de pathogénicité sont encore mal connus.
. Des mutants dépourvus d'antigènes hémagglutinants, sont incapables de coloniser les tissus ce qui montre que les hémagglutinines jouent un rôle dans la colonisation.
. La capsule semble également jouer un rôle dans la colonisation et elle s'oppose à l'activité bactéricide du sérum.
. La synthèse de bactériocines, codées soit par un plasmide soit par le chromosome, actives sur Avibacterium avium, Avibacterium volantium et 50 p. cent des souches de Pasteurella multocida, participerait à la colonisation en inhibant la croissance d'autres souches bactériennes.
. Avibacterium paragallinarum produit des protéines qui lui permettent d'acquérir du fer aux dépends de la transferrine. Comme pour de nombreuses autres espèces bactériennes, ce processus d'acquisition du fer constitue un facteur de virulence.
. Une protéine sécrétée pourrait être une toxine RTX possédant une activité cytotoxique.
Diagnostic bactériologique
Genre Avibacterium
Même si toutes les souches n'exigent pas le facteur V, l'isolement des Avibacterium spp. doit être réalisé sur une gélose au sang contenant du NADH ou du NAD. Le facteur V peut également être apporté par une souche de staphylocoques productrice de NAD et ensemencée selon une strie longitudinale.
L'incubation est réalisée à 34-38 °C dans une atmosphère enrichie en dioxyde de carbone qui est indispensable pour la croissance de certaines souches.
L'identification est difficile et repose sur les caractères culturaux et sur les caractères biochimiques.
Avibacterium paragallinarum
Pour la recherche de Avibacterium paragallinarum, le jetage constitue un mauvais prélèvement et on lui préférera un écouvillonnage de l'exsudat présent dans les sinus après ouverture stérile. Les prélèvements doivent être ensemencés le plus rapidement possible car la culture est négative sur des prélèvements conservés 3 jours à +4 °C ou à -20 °C. Dans le milieu de transport de Amies, contenant du NAD et du sérum de poulet, les souches de Avibacterium paragallinarum restent viables 18 jours à 4 ou à 37 °C.
Une technique simple d'identification des souches NAD-dépendantes repose sur l'exigence en facteur V (croissance satellite autour d'une strie de staphylocoques), l'absence de catalase et l'inoculation expérimentale de la culture dans les sinus de poulets sains (apparition d'un coryza en 24 à 48 heures).
Pour pallier la difficulté du diagnostic bactériologique classique, Chen et al. ont mis au point un test de PCR. Ce test, appelé HP-2 PCR, est rapide (environ 6 heures) et spécifique. Toutes les souches de Avibacterium paragallinarum testées sont correctement identifiées alors qu'un résultat négatif est obtenu avec des souches de Avibacterium avium, Avibacterium volantium et Ornithobacterium rhinotracheale.
Le test HP-2 PCR se révèle plus performant que le diagnostic bactériologique classique lorsqu'il est pratiqué directement sur des prélèvements. De plus, il peut être mis en œuvre, sans perte de sensibilité importante, sur des prélèvements stockés 180 jours à +4 °C ou à - 20 °C.
Plusieurs test sérologiques ont été décrits, mais seuls des test d'inhibition de l'hémagglutination sont couramment utilisés (les techniques immuno-enzymatiques font appel à des anticorps monoclonaux non commercialisés).
Traitement et prophylaxie des infections à Avibacterium paragallinarum
Plusieurs antibiotiques sont actifs sur Avibacterium paragallinarum : sulfachloropyridazine, sulfadimidine, association chlortétracycline-sulfadiméthoxine, association sulfachloropyridazine-triméthoprime, érythromycine, oxytétracycline, association streptomycine-sulfamide.
Le traitement fait généralement appel à l'érythromycine ou à l'oxytétracycline. Toutefois, des rechutes sont observées à la fin du traitement et les antibiotiques n'éradiquent pas le portage.
Outre les mesures de prophylaxie sanitaire, notamment le respect des règles d'hygiène, la prophylaxie repose sur la vaccination.
Des vaccins, inactivés par le formol ou le mercurothiolate de sodium, adjuvés (hydroxyde d'alumine ou huile minérale) et contenant au moins 108 unités formant colonies, sont commercialisés. Les oiseaux sont vaccinés entre la 10 et la 20ème semaines et l'administration de deux injections intramusculaires ou sous-cutanées, effectuées à quatre semaines d'intervalle, est plus efficace qu'une injection unique.
La protection obtenue après vaccination est spécifique de sérogroupe. Autrefois, les vaccins contenaient uniquement des souches des sérogroupes A et C car on pensait qu'ils étaient également capables de protéger contre le sérogroupe B. Actuellement, dans les pays où le sérogroupe B est présent, on utilise des vaccins trivalents.
Il existe quelques défaillances dans la protection post-vaccinale et l'utilisation d'auto-vaccins peut être une alternative à l'emploi des vaccins commercialisés.
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