|
ACTINOBACULUM
Fiche récapitulative
Systématique et importance
Le genre Actinobaculum est placé dans la famille des Actinomycetaceae (sous-ordre des Actinomycineae, ordre des Actinomycetales, sous-classe des Actinobacteridae, classe desActinobacteria, phylum des "Actinobacteria", domaine des "Bacteria").
Parmi les espèces du genre (voir le fichier Actinobaculum in List of Prokaryotic Names with Standing in Nomenclature), seul Actinobaculum suis présente un intérêt en médecine vétérinaire. Avant 1997, cette espèce était désignée sous les noms de "Corynebacterium suis" ou de Eubacterium suis ou de Actinomyces suis.
Principaux caractères bactériologiques
Actinobaculum suis est un bacille immobile, non sporulé, polymorphe, de 1 à 3 µm de longueur sur 0,5 µm de diamètre, à Gram positif, non acido-résistant, non capsulé, se présentant de manière isolée ou en paires ou en petits amas, anaérobie, catalase négative, à métabolisme strictement fermentatif, hydrolysant fortement l'urée.
La croissance est obtenue pour des températures variant de 30 à 43 °C (optimum 37 °C) et le pH optimal est compris entre 7 et 8.
Après 48 heures d’incubation à 37 °C dans une atmosphère anaérobie, les colonies obtenues sur gélose au sang de mouton sont non hémolytiques, elles ont un diamètre de 0,5 à 3 mm, elles sont blanches, circulaires et granuleuses et elles présentent souvent un centre surélevé (aspect en œuf sur le plat). Après une semaine d’incubation, la taille des colonies atteint 3 à 5 mm et elles sont plus plates.
Habitat et pouvoir pathogène
Actinobaculum suis semble faire partie de la flore prépuciale du verrat chez lequel il est, au plus, responsable de cystites légères. Chez les truies, le germe peut être isolé d’animaux sains mais, surtout, il provoque des cystites et des pyélonéphrites notamment dans les élevages intensifs. Un abreuvement insuffisant constitue un des facteurs prédisposant à l'expression clinique de l'infection. Les truies présentent de l’anorexie et de la polydipsie, l’urine est de couleur brune, d’odeur fétide et son pH devient fortement alcalin (pH de l’ordre de 9). Dans les formes aiguës, on note couramment des avortements, une hématurie, une pyurie et la mort est fréquente. Les truies qui résistent à l’infection présentent une perte de poids importante, un syndrome polyurie - polydypsie, de l'infertilité et elles deviennent des non-valeurs économiques. Dans les formes suraiguës, la maladie est d’apparition subite et peut conduire à la mort des animaux en quelques heures ou en quelques jours.
Les lésions sont localisées au tractus urinaire. La paroi vésicale est épaissie, la muqueuse est hémorragique et le contenu de la vessie contient souvent un exsudat purulent et des calculs. Les lésions de pyélonéphrites sont bilatérales ou unilatérales et se caractérisent par des reins distendus contenant du pus ou du sang.
Les infections à Actinobaculum suis ont été identifiées dans de nombreux pays, mais le nombre de cas publiés est faible ce qui contraste avec la fréquence des infections urinaires en élevages porcins. Les raisons de cette discordance tiennent sans doute aux difficultés d’isolement (il faut incuber les urocultures en anaérobiose et dans un milieu sélectif ), aux difficultés d’identification et à une méconnaissance du germe.
Diagnostic bactériologique
Actinobaculum suis est généralement isolé avec d’autres germes à Gram positif (notamment des streptocoques) et des Proteus spp. l’isolement peut recourir à une gélose Columbia contenant de la colistine (10mg/L) et de l’acide nalidixique (15mg/L) qui doit être incubée en anaérobiose. Pour augmenter les chances d’isolement, la culture doit se réaliser sur place ou doit s’effectuer à partir d’un prélèvement placé dans un milieu de transport tel que le milieu de Cary Blair pour anaérobies.
L’identification précise du germe est difficile mais, compte tenu du contexte clinique, la simple mise en évidence d’un bacille anaérobie dont la morphologie rappelle celle d’une corynébactérie est généralement suffisante pour orienter le diagnostic qui sera complété par les caractères culturaux, la mise en évidence d’une uréase et par l’étude des autres caractères biochimiques.
Sensibilité aux antibiotiques
Actinobaculum suis est généralement sensible au chloramphénicol, au florfénicol, aux pleuromutilines, à la tylosine, à la clindamycine, à la lincomycine, à l’érythromycine, aux bêta-lactamines et aux tétracyclines.
Une sensibilité variable selon les souches est observée pour les fluoroquinolones (fluméquine, enrofloxacine, ofloxacine), même si la majorité des souches est sensible à la marbofloxacine.
À l'exception de la spectinomycine, la majorité des souches est résistante aux aminosides.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
|