J.P. Euzéby : Abrégé de Bactériologie Générale et Médicale à l'usage des étudiants de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
 

Bactériologie Générale
Bactériologie Médicale

Autres sites Web : List of Prokaryotic Names with Standing in Nomenclature - Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire - SBSV
 

home

 

HELICOBACTER

 

 

Fiche récapitulative

 

Systématique et importance

 

Le genre Helicobacter a été créé en 1989 pour accueillir Helicobacter pylori et Helicobacter mustelae, bactéries préalablement placées dans le genre Campylobacter.
L'individualisation de ce genre a été établie sur la base de caractères génétiques (séquences des ARNr 16S, valeur du G + C p. cent) et phénotypiques (morphologie, structure, composition en acides gras, nature des ménaquinones, caractères culturaux et activités enzymatiques).
Le genre Helicobacter st placé dans la famille des Helicobacteraceae (ordre des Campylobacterales, classe des Epsilonproteobacteria, phylum des "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou "Eubacteria").

À la date du 18 octobre 2006, le genre Helicobacter regroupe 28 espèces ayant un statut dans la nomenclature bactérienne (voir le fichier Helicobacter in List of Prokaryotic Names with Standing in Nomenclature) et de nombreuses autres espèces n'ont pas encore été validement publiées ou sont placées dans la catégorie Candidatus ("Candidatus Helicobacter bovis", "Candidatus Helicobacter heilmannii","Candidatus Helicobacter suis").

Helicobacter pylori est responsable de lésions gastriques chez l'homme et l'infection prédispose à la survenue de cancers.
En médecine vétérinaire, l'importance des hélicobactéries est encore mal connue (voir le fichier Helicobacter in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire). Certaines hélicobactéries présentes chez les animaux sont transmissibles à l'homme et pourraient être des agents de zoonoses

 

Principaux caractères bactériologiques

 

Bacilles à Gram négatif, non sporulés, non ramifiés, de forme incurvée ou spiralée ou fusiforme, aux extrémités arrondies, mesurant 0,2 à 1,2 µm de diamètre sur 1,5 à 10 µm de longueur, pouvant posséder des fibres périplasmiques, oxydase positive, catalase variable selon les espèces. Dans les vieilles cultures des formes arrondies ou coccoïdes sont généralement observées.
Les hélicobactéries sont mobiles grâce à un unique flagelle polaire ou à un flagelle présent à chacun des pôles de la cellule ou à plusieurs flagelles polaires ou à plusieurs flagelles péritriches.
Le type respiratoire est micro-aérophile (sauf pour Helicobacter ganmani qui est anaérobie) et le métabolisme est de type respiratoire. Ce sont des bactéries chimio-organotrophes, inactives sur les sucres.

À l'exception de Helicobacter ganmani qui ne cultive pas dans une atmosphère micro-aérophile, la croissance est optimale après une incubation effectuée à 37 °C dans une atmosphère humide et contenant 3 à 7 p. cent d'oxygène. Selon les espèces, la présence d'hydrogène est nécessaire ou stimule la croissance.
Quelques espèces sont capables de croître sur une gélose nutritive mais la croissance de la majorité des espèces nécessite la présence de sang ou de sérum. Les cultures sont non pigmentées et se présentent sous la forme de colonies ou d'un voile ou d'un voile parsemé de colonies.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

En ce qui concerne leur habitat, les Helicobacter sp. se répartissent en deux groupes : les hélicobactéries ayant pour habitat la muqueuse gastrique et les hélicobactéries ayant pour habitat préférentiel la muqueuse intestinale (voir le tableau ci-dessous).

Trois types de troubles sont associés à l'infection par des hélicobactéries.
. Les espèces colonisant l'estomac peuvent produire des ulcères gastriques ou duodénaux, des atrophies gastriques, des dyspepsies et elles peuvent favoriser l'apparition de cancers.
. Les espèces ayant pour habitat l'intestin peuvent être isolées lors de gastro-entérites chez l'homme ou l'animal.
. Certaines espèces ayant pour habitat l'intestin présentent un tropisme hépatique. Ces espèces semblent être à l'origine d'hépatites, de cholangiofibroses et de lésions pancréatiques.

 

Quelques hélicobactéries ayant un tropisme préférentiel pour l'estomac

Espèces Hôtes Pouvoir pathogène
"Candidatus Helicobacter suis" Porcs, hommes, primates non-hominiens Gastrites chez le porc

Helicobacter bizzozeronii, Helicobacter salomonis

Chiens Gastrites

Helicobacter cynogastricus

Chiens Pouvoir pathogène inconnu

Helicobacter felis

Chats, chiens, guépards Gastrites chez les carnivores

Helicobacter mustelae

Furets (Mustela putorius furo) Gastrites chez le furet

Quelques hélicobactéries ayant un tropisme préférentiel pour l'intestin et/ou le foie

Espèces Hôtes Pouvoir pathogène

Helicobacter bilis

Souris, rats, hamsters, gerbilles, chiens, chats, ovins, porcs, hommes Diarrhées sévères chez les souris co-infectés par Helicobacter rodentium. Pouvoir pathogène incertain pour les autres espèces

Helicobacter canadensis

Hommes, oies (Branta canadensis, Branta leucopsis) Diarrhées chez l'homme.

Helicobacter canis

Chiens, chats, hommes Gastro-entérite chez l'homme

Helicobacter cholecystus

Hamsters (Mesocricetus auratus) Pancréatite centrolobulaire et cholangiofibrose.

Helicobacter cinaedi

Hommes, hamsters (Mesocricetus auratus), chiens, chats, renards, rhésus (Macaca mulatta), rats Infections chez l'homme.

Helicobacter fennelliae

Hommes, primates non-hominiens (?), chiens (?) Infections chez l'homme.

Helicobacter ganmani, Helicobacter hepaticus, Helicobacter mastomyrinus, Helicobacter muridarum, Helicobacter rodentium, Helicobacter typhlonius

Souris, rats Infections chez les animaux de laboratoire.
Helicobacter hepaticus est responsable d'hépatite chronique active chez la souris et cette espèce est impliquée dans la survenue de cancers hépatiques.

Helicobacter pullorum

Volailles, hommes Hépatites vibrionnienne des poules pondeuses. Entérites chez l'homme.

Helicobacter trogontum

Rats, porcs, ovins Avortements et placentites chez les ovins.

 

 

Diagnostic bactériologique

 

Il n'existe aucune méthode idéale pour l'isolement des hélicobactéries. Les prélèvements doivent être ensemencés le plus rapidement possible, si possible dans l'heure qui suit leur réalisation. La congélation est une mauvaise méthode de conservation sauf si le prélèvement est placé dans un bouillon contenant du glycérol.

Des géloses cœur-cervelle ou des géloses Brucella, enrichies de 5 à 10 p. cent de sang, sont souvent utilisées pour l'isolement. Les boîtes sont incubées au moins 10 jours à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile contenant typiquement 88 p. cent d'azote, 5 p. cent de dioxyde de carbone, 5 p. cent d'oxygène et 2 p. cent d'hydrogène.

Les prélèvements peuvent être ensemencés directement sur des milieux gélosés, mais la croissance des Helicobacter spp. est généralement masquée par le développement de la flore associée. Deux types de techniques permettent d'entraver le développement des micro-organismes contaminants : la filtration sur des membranes (porosité de 0,45, de 0,65 ou de 0,8 µm) et le recours à des milieux sélectifs contenant des antibiotiques.
La culture de certaines espèces comme Helicobacter bizzozeronii, Helicobacter cynogastricus ou Helicobacter salomonis est particulièrement difficile.

L'identification biochimique doit se réaliser selon des méthodes standardisées.
Pour pallier les difficultés d'isolement et d'identification, des tests de PCR, éventuellement suivis d'un traitement des amplicons par des enzymes de restriction, ont été décrits pour pratiquement toutes les espèces.

 

Sensibilité aux antibiotiques

 

La détermination de la sensibilité in vitro aux antibiotiques est délicate. Une sensibilité vis-à-vis de l'ampicilline, de la gentamicine, de la néomycine, de la clarithromycine, de l'enrofloxacine, de la rifampicine, de la tétracycline et de la tylosine est généralement observée.

 

 

AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.